C.O.R.P.uS.

C.O.R.P.uS.

C.O.R.P.uS. : Chute, Organique, Respiration, Poids, Suspension…

Le corps comme encyclopédie.

Le spectacle commence sous une apparence de conférence scientifique décalée sur le corps, avec modèles vivants à l’appui.
Mais, très vite, celle-ci est brouillée par l’apparition de « fantômes ». Qui sont-ils ? Que nous disent-ils ?
Prenant possession des corps sur scène, les fantômes de célèbres danseurs et chorégraphes d’il y a un siècle s’expriment par leur intermédiaire.
Ainsi, Nijinski, Isadora Duncan, Mary Wigman, Valeska Gert s’adressent à nous et livrent certains de leurs secrets.

« Des premières rencontres avec les comédiens de l’Oiseau-Mouche, il y a quelques années, pour évoquer différents chorégraphes contemporains, aux improvisations dansées dans les rues de Roubaix, un peu plus tard, s’est tissée l’envie de créer avec certains d’entre eux une conférence dansée…

J’ai choisi pour cela de plonger dans une période de l’histoire de la danse que j’affectionne particulièrement, déjà un peu «vieillotte», mais dont les enjeux me semblent bien vivants encore actuellement ; à savoir les débuts de la modernité en danse (les prémices de la danse contemporaine), au début du 20ème siècle, où des danseurs font rupture avec la tradition académique pour revenir à la réalité du corps, mais surtout à un corps habité : de sensations, d’émotions, et parfois de fantômes.
Après la découverte du langage du corps, la danse moderne devient un des lieux où celui-ci peut s’exprimer.
Avec pour corollaire : chaque corps est unique, et chacun danse de manière singulière et irremplaçable.

Une fois le sujet trouvé, la question est : comment raconter cette page de l’histoire de la danse, avec des comédiens non-danseurs ? En faisant entendre directement la parole de ces danseurs, quitte à approcher la danse de biais, à la manière d’un crabe… Renoncer à la saisir. Dans le même mouvement, bousculer le « discours savant » sur le corps et la posture du conférencier, qui réduit souvent le danseur à un simple exécutant voire à un spécimen de foire.

Petit à petit, la musique a pris une place importante dans ce spectacle, comme lieu de résonance, et présence possible du souvenir.

Je remercie les comédiens de l’Oiseau-Mouche de s’être embarqués dans cette aventure un peu folle, qui me renvoie en écho ces questions : que veut dire libérer le corps ? Et aussi : jusqu’à quel point peut-on s’approcher de ce qui nous touche ? »
Sarah Nouveau

A partir de 13 ans
Durée : 45 minutes
Conception : Sarah Nouveau
Collaboration à la mise en scène : Cédric Orain
Avec : Marie-Claire Alpérine, Lothar Bonin, Florian Caron, Frédéric Foulon, Léa Le Bars et Sarah Nouveau
Création lumière et régie : Frédéric Notteau
Costumes : Laura Yoro

Oeuvres chorégraphiques évoquées :
Danse serpentine, Loïe Füller.
L’Après-midi d’un faune, Vaslav Nijinski.
Etude révolutionnaire, Isadora Duncan.
Danse de la sorcière, Mary Wigman.
La Mort, Valeska Gert.

Textes extraits de :
-Isadora Duncan, Ecrits sur la danse, Editions du Grenier. Description du solo « Etude révolutionnaire » par Elisabeth Schwarz, Dictionnaire de la danse.
-Valeska Gert, Je suis une sorcière – Kaléidoscope d’une vie dansée, Centre national de la danse.
-Vaslav Nijinski, Cahiers, Actes Sud.
-Mary Wigman, Le Langage de la danse, Chiron.

Musiques :
-Claude Debussy, Prélude à l’Après-midi d’un faune, Berliner Philarmoniker dirigé par Hebert von Karajan.
-Frédéric Chopin, Mazurka en ut dièse mineur, op 30 n°4, par Irakly Avaliani.
-Alexandre Scriabine, Etude op. 8 n°12 « La pathétique », par Alexandre Scriabine.
-Sounds of Life, Ocean Waves 1.

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