Sur Terre

Sur Terre


Paul Ben-Itzak, éditorialiste et éditeur, correspondant international pendant 27 ans, co-fondateur du magazine The Dance Insider en 1998 avec un groupe de journalistes spécialisés et de danseurs professionnels, écrivant également pour Reuters, Village Voice, New York Times, Newsday, Associated Press, Anchorage Daily News, Atlantic City Press, Star-Ledger… écrivait ces mots dans The Dance Insider en mars 2007 à propos du solo Sur Terre :

« Il n’est rien de plus euphorique que d’assister à une création artistique authentique, surtout si ce soir-là vous dénichez un joyau  à l’état brut tel que ce fut le cas mercredi au studio Le Regard du Cygne avec la représentation des « Spectacles Sauvages ». […] J’aurais déjà été comblé de voir une performance de qualité et pleine d’énergie. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une création d’une rare idiosyncrasie.
Au début du spectacle, quand Sarah Nouveau occupe discrètement la scène dans une position quasi-fœtale, je me suis dit « Oh, non, elle va se tortiller au sol pendant toute la danse. » Puis, quand elle s’est relevée et qu’elle s’est mise à parcourir à toute vitesse toute la circonférence de la scène, que des murs de pierre rugueux encadraient, sur la musique de Johann Strauss « la Marche de Radetsky », je me suis dit « Oh non, elle ne va faire que ça pour le reste de la danse : tourner autour de la scène. » Mais mes craintes se sont vite dissipées et j’ai été séduit au fur et à mesure que Sarah Nouveau transformait cette scène en un monde imaginaire intime et captivant aux yeux de tous.
J’avais déjà lu dans le programme que Sarah Nouveau allait utiliser ses longs cheveux épais comme un partenaire idéale pour ses transformations, mais au mouvement suivant […], ses cheveux sont devenus un réel complice.
Tirant ses cheveux en l’air en une queue qu’elle maintenait de sa main droite (maintenant sur une musique de Byungki Hwang, « Kayagum Masterpieces »), Sarah Nouveau y restait suspendue et était soudainement devenue son propre ravisseur.
Toujours un œil sur cette entité qui la gardait prisonnière par les cheveux, elle progressa très lentement vers la partie gauche de la scène, là où elle avait déposé une ombrelle chinoise lorsqu’elle était entrée. Elle parvint finalement à la récupérer et, soulagée, se releva, toute droite, et ouvrit l’ombrelle pour se protéger. Mais cet équilibre était fragile, hésitant, à voir ses joues se gonfler et se dégonfler délicatement, la bouche fermée, et les yeux regardant au-dessus et derrière elle. Je ne peux pas raconter ce que Sarah Nouveau a dansé ce soir-là mais je peux vous dire que c’était tout à fait original […]. »

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